Les usages et traditions

Des jeux et des croyances superstitieuses ont pour but de faire connaître aux jeunes filles ce que l’avenir leur réserve, qui elles doivent épouser, combien d’enfants elles auront et finalement si elles mèneront une existence heureuse. « Effeuiller la marguerite », « tourner la queue d’une pomme » ou encore « compter les étoiles » ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres de ces pratiques.

À partir du moment où un prétendant fait son entrée en scène, la jeune fille doit discrètement lui laisser savoir qu’elle l’invite à la courtiser. Les fréquentations ne se font que certains soirs sous l’œil vigilant d’un chaperon. Si la maison paternelle était autrefois le lieu des fréquentations, les lieux publics (salles de danse, de cinéma, etc.) abritent de plus en plus l’apprentissage des relations amoureuses.

Dès que le couple pense aux épousailles, il veut tout partager, fonder un foyer et s’affranchir de l’autorité parentale. Le jeune homme demandera la main de sa bien-aimée à son père. Cette pratique des fiançailles va se répandre dans toutes les couches de la société.

La bague de fiançailles est le gage d’honneur et de fidélité que le jeune homme offre à l’élue de son cœur. Elle représente le lien qui unit, par voie de promesse solennelle, les futurs époux, en même temps qu’elle est un signe tangible, pour la communauté, du projet de mariage entre les deux jeunes gens. La bague se porte à l’annulaire de la main gauche.

Il arrive que la fiancée offre, elle aussi, un présent à son prétendant. Si, par malheur, les fiançailles étaient rompues, la jeune fille devait rendre la bague à l’amoureux éconduit. On dit alors qu’elle lui rendait ses « gages ». Généralement, au moment des fiançailles, on dévoile la date du mariage.

Le mariage permet à la jeune fille de changer de statut social. Un tel passage est souligné par diverses réceptions dont l’enterrement de la vie de jeune fille. Cette pratique d’origine américaine où les amies, proches parentes et collègues de travail de la future épouse se réunissent, expriment la solidarité féminine et mettent la future mariée en vedette.

Au cours de cette fête, strictement féminine, le groupe d’amies de la jeune fille vient lui faire ses adieux et l’assurer de son amitié fidèle. Chacune des invitées apportera un petit présent pour compléter le trousseau. La future mariée arrive la dernière.

L’enterrement de la vie de jeune fille est une fête souvent comparée à l’enterrement de vie de garçon du futur époux. Le but de la soirée est le même mais la façon de procéder diffère totalement. Ces réunions de jeunes gens ont donné lieu à des extravagances qui auraient dérapé au point de tomber dans le vulgaire et le grossier. Souvent les deux événements sont conjugués en une seule réception en l’honneur des futurs époux.

Il a toujours été de mise d’offrir un cadeau de noce aux futurs époux lorsqu’on est invité au mariage. Chaque invité fait parvenir son présent à la résidence des parents de la jeune fille. Les cadeaux de noce sont principalement des accessoires pour la maison. Les présents, une fois déballés, sont disposés sur une grande table joliment habillée, de manière à être bien en vue.

C’est par fierté des présents reçus et pour remercier publiquement les donateurs que les cadeaux sont étalés. La robe de mariée, que la jeune fille ne portera qu’une seule fois, est la concrétisation de son plus grand rêve, de l’image qu’elle s’est créée dans son univers de féerie.

Elle exprime par le choix du modèle, du style, du tissu et des accessoires sa conception de la beauté et ses goûts. Le jour de son mariage, la jeune fille désire être la plus belle. La communauté adhère à cette perception parce que, par le rite du mariage, la jeune fille endosse son nouveau statut de femme et son rôle d’épouse et de future mère.

La robe de mariée blanche symbolise la pureté et la virginité. Le voile qui l’accompagne a généralement la même signification quoique le port d’un voile pour le mariage soit de tradition plus ancienne. Selon la tradition, une veuve qui se remariait devait respecter un temps de veuvage suffisant avant de convoler en secondes noces et il était généralement admis que sa robe ne devait pas être blanche.

Il existait aussi une croyance selon laquelle le futur époux ne devait pas voir la robe de la mariée avant les noces, ce qui pourrait lui porter malheur. Les faire-part sont envoyés par les parents de la jeune fille aux invités des deux familles qui retournent leur réponse au même endroit.

Les toilettes du cortège sont préparées, les fleurs sont commandées, les voilures réservées, la cérémonie et la réception planifiées et répétées pour s’assurer que tout s’enchaînera sans anicroche. Un chapelet a même été suspendu à la corde à linge pour demander une belle journée et une température clémente, selon la croyance populaire.

Toutes les formalités religieuses et les prescriptions légales ont été dûment remplies. Le contrat de mariage établissant le régime matrimonial a été signé devant notaire. La publication des bancs était aussi faite à l’église (en plus de la mairie) de manière à s’assurer de la légitimité sociale et civile de l’union. Il était de coutume d’annoncer les intentions de mariage du haut de la chaire à la grand-messe, trois dimanches de suite. Les familles du monde bourgeois publiaient parfois une annonce dans le carnet mondain du journal local.

Le bouquet de fleurs de la mariée est un cadeau généralement offert à la future épouse par son fiancé. Les fleurs symbolisent d’abord la fécondité. Le marié porte une fleur à la boutonnière. Cette boutonnière est assortie aux fleurs du bouquet de la mariée. Les parents des mariés portent aussi des corsages et des boutonnières. L’église est généralement décorée de fleurs, ainsi que la table d’honneur à la réception.

En s’habillant, beaucoup de jeunes filles respectent certaines règles populaires. La plus connue est une vieille tradition anglaise qui s’énonce comme suit:

« Quelque chose de vieux, quelque chose de neuf, quelque chose d’emprunté et quelque chose de bleu. ».

  • Quelque chose de vieux : la toilette de la jeune mariée doit comprendre un élément ancien. Ce peut être un accessoire ou un bijou de famille qui porte en lui les valeurs et les souvenirs de la tradition familiale. On voit souvent un collier de perles ou un voile de mariée transmis de mère en fille.
  • Quelque chose de neuf : l’élément nouveau est la robe de mariée.
  • Quelque chose d’emprunté : il s’agit souvent d’un accessoire : des gants, un diadème, un bijou emprunté à la mère ou à une femme mariée, heureuse en ménage, ce qui permettra à la jeune épousée de s’associer à ce bonheur et de le faire rejaillir sur son propre couple.
  • Quelque chose de bleu : est presque toujours représenté par la jarretière. La jarretière symbolise la virginité.

Chez les Hébreux, on dit que le bleu et le blanc sont les couleurs symboles de l’amour, de la pureté, de la fidélité.

Les futures mariées étaient donc encouragées à porter ces couleurs. Dans certaines familles, on ajoute : « et une pièce porte-bonheur dans ta chaussure ».

La jeune fille place ainsi une pièce de monnaie dans son soulier en gage de prospérité.

Parfois, la jeune fille demande la bénédiction paternelle, que son père la bénisse une dernière fois comme son enfant, avant qu’elle ne quitte la demeure familiale.

La jeune fille arrive normalement la dernière à l’église. Elle monte l’allée au bras de son père, d’un pas lent et mesuré. Elle est habituellement précédée de la bouquetière. La présence d’une jeune enfant souligne la force de la vie nouvelle, les fleurs qu’elle porte représentent la fécondité. À l’avant, l’élu de son cœur l’attend.

Le rite nuptial bénit les époux et les unit par les liens sacrés du mariage.L’échange des anneaux, bénis par le célébrant et la jonction des mains sont, aux yeux des assistants, des marques du consentement des époux. Ils sont donc mari et femme pour la vie, devant Dieu et devant les hommes et s’unissent dans le traditionnel baiser des nouveaux époux.

La signature des registres de la paroisse officialise et enregistre cet échange de consentement pour la postérité. Les nouveaux époux sortent de l’église suivis du cortège bien orchestré des familles, au son des cloches qui annoncent à toute volée le nouveau mariage. Ils sont ensuite arrosés d’une pluie de riz ou de confettis, une ancienne coutume visant à stimuler la fertilité des nouveaux mariés et à leur porter chance. Un concert de klaxons ponctue ensuite le déplacement du cortège.

Ce sont les parents de la mariée qui payent la note de frais de la réception où on scelle l’union par un repas ou un banquet. Le repas de noce consiste à boire et manger ensemble pour marquer socialement l’union des deux époux, leur appartenance aux deux groupes familiaux et pour souligner de façon manifeste leur nouveau statut au sein de la communauté.

Le gâteau de noce est un élément clé; il doit être suffisamment gros pour que chacun en ait une portion. Il est le symbole de fertilité. Il est souvent orné de motifs ou de petits accessoires représentant un couple miniature, des colombes, des fleurs ou des cloches, tous des éléments symboliques du mariage et des rites de fertilité.

Le gâteau est traditionnellement coupé par les nouveaux mariés, tenant ensemble le couteau. Il s’agit, encore là, d’un rite de fertilité. Le lancer du bouquet de la mariée est un autre moment très apprécié de la réception de mariage. Selon la croyance populaire, la célibataire qui attrape le bouquet de la mariée se mariera dans l’année. Dans certaines familles, le bouquet de la mariée est gardé pour faire un chapelet avec les pétales des fleurs.

Certaines communautés religieuses se spécialisent dans cet art. D’autres vont préférer laisser leur bouquet en offrande sur l’autel de la Vierge afin de s’assurer bonheur et fertilité. Le voyage de noce permet aux nouveaux mariés un temps d’arrêt des travaux quotidiens, avant d’entreprendre leur nouvelle vie à deux. D’abord connu comme une coutume bourgeoise, il devient partie intégrante des rites du mariage.

L’album de photos de mariage est un usage récent qui s’est lui aussi inscrit dans la tradition après la Deuxième Guerre mondiale. Il servira aux générations futures à se remémorer comment cette histoire d’amour a commencé.

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